Crise COVID 19 et résilience des entreprises

Publié le 15/04/2020

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Que faire face à la crise ?

La pandémie de Covid-19 menace des vies humaines. Potentiellement, des millions. Mais rien de nouveau par rapport à toutes les autres épidémies qui l’ont précédée, il faut pleinement le réaliser. Ce virus nous permet de mettre à l’épreuve une certaine vision de l’économie, le néo-libéralisme qui s’est petit à petit imposé dans le monde à partir des années 1970. Ce capitalisme débridé a permis d’accomplir des progrès techniques et technologiques fulgurants dont une certaine partie de l’humanité profite désormais, et auxquels l’autre aspire. Mais tout est remis en question. Tout est arrêté, stoppé net. Comme jamais auparavant.
Et, comme toutes les crises majeures, ce phénomène de pause, de force majeure permet de constater… ce qui ne marche pas. Nous avons “délocalisé” massivement, pour augmenter les profits, les marges, les bénéfices à court terme. Dès 2016, on constatait que 1% de l’humanité possède plus que les 99% restants. Aberrant, stupide. Mais réel !

Quels sont les effets de la décentralisation ?

La Chine est devenue “l’usine du monde” et produit de nombreux objets de première nécessité. Au prix de destructions d’emplois et d’industrie massives, nous avons abandonné une énorme partie de notre savoir-faire, de notre capacité à nous entretenir, à subvenir à nous-mêmes en tant que nations. Face à la pénurie de masques, de respirateurs, pratiquement tous les gouvernements de la planète ont pris la difficile décision de confiner leurs populations, afin d’éviter une catastrophe sanitaire.

Que va-t-il se passer après la crise ?

Des secteurs entiers de l’économie ont dû s’arrêter parce qu’ils sont “non essentiels”. Comment résister ? Comment ne pas faire faillite ?

Car il ne faut pas oublier : déposer le bilan, même s’il s’agit de “mourir” pour une entreprise, n’est pas comparable à la destruction totale, loin de là. Car les murs, le patrimoine, les gens, les machines, tout est là. Tout reste. Tout est prêt à redémarrer. Si ce concept juridique de “faillite” existe, c’est bel et bien parce que c’est un contexte, un système, une pensée qui l’ont imaginé et l’ont implémenté si bien et si fort dans nos esprits que nous ne pensons même pas à le remettre en cause.

Est-ce que, le 9 août 1945, au lendemain de l’armistice, on se posait la question de savoir si telle ou telle entreprise avait “fait faillite” ? Certainement pas ! On regardait parmi les ruines ce qui était encore debout et fonctionnel, et on se retroussait les manches pour… reconstruire.

Tout n’est pas perdu

Même chose désormais, sauf que… tout est encore là ! Même les ressources humaines ! Alors il faut cesser de regarder la vie des entreprises comme nous le faisions jusqu’au début de cette fameuse année 2020. Les entrepreneuses et entrepreneurs ont cette fabuleuse caractéristique qui fait notre humanité : la résilience, la capacité à se relever rapidement après un traumatisme.

Certaines organisations ont commencé à réfléchir à la manière dont cela affecterait l’accès à la chaîne d’approvisionnement, le lancement de produits, le bien-être des employés et la continuité des activités. Mais beaucoup n’ont pas tenu compte de l’importance d’un modèle d’entreprise résilient.

La résilience, notre meilleur allié.

La résilience du modèle d’entreprise fait souvent défaut dans les plans de continuité des activités économiques traditionnelles. Les entreprises prévoient des perturbations des ressources et des processus, mais ne reconnaissent pas que les modèles commerciaux peuvent constituer une menace tout aussi importante pour la continuité des opérations. La clé est de vous assurer que votre modèle d’entreprise est aussi résistant aux perturbations extérieures que le reste de l’entreprise. Et en ce sens, la pandémie de Covid-19 est une opportunité formidable, parce TOUT le monde est affecté : nous sommes, en quelque sorte, sur un pied d’égalité en dépit des pressions formidables exercées sur notre système de santé.

Ainsi, il est essentiel de garantir la sécurité et le bien-être des employés sur le lieu de travail. Face à la menace, les citoyens se tournent vers leur employeur, leur communauté et les dirigeants gouvernementaux pour obtenir des conseils. Répondre à leurs préoccupations de manière ouverte et transparente contribuera grandement à les impliquer et à assurer la continuité des activités. Car les entreprises doivent penser activement à l’après Covid-19.

Flexibilité, innovation, agilité…

Dans cette perspective, un des ajustements que les entreprises doivent opérer est d’initier ou d’élargir les modalités de travail flexibles, comme le télétravail, et d’autres politiques qui permettent aux gens de travailler à distance et en toute sécurité. Selon le secteur, les entreprises pourront réorganiser les équipes et réaffecter les ressources, et établir des programmes et des politiques de bien-être des employés qui soutiennent un environnement de travail sûr. De plus, les entreprises voudront produire des communications régulières qui s’alignent sur les politiques actuelles du gouvernement et des autorités sanitaires pour aider les employés à rester impliqués.

Une fois que les entreprises auront solidifié leurs stratégies basées sur des tests de résistance et communiqué toute nouvelle orientation aux parties prenantes concernées, elles devront reprendre et dérouler leur activité économique sur la base de plans révisés tout en prenant garde à la fluidité des opérations. Les dirigeants devront ainsi monitoriser tout écart important par rapport au plan en temps opportun afin que leurs entreprises puissent prendre des mesures supplémentaires pour éviter tout autre impact négatif.

Enfin, il convient de s’interroger sur notre modèle économique globalisé. De nombreuses initiatives locales ont ainsi démarré partout et on redécouvre les bienfaits de la proximité, du savoir-faire, de la solidarité. On commence désormais, en tant que corollaire à la prise de conscience de la nécessaire résilience des entreprises, de “déglobalisation”, plus que de “délocalisation”. Peut-être même remettra-t-on en cause le concept même de “dette”, de “faillite” ? On pourrait rêver.

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